Franck Hamel, photopujari et nourritures divines

Mon travail et mon parcours vu par Fabrice Clochard, sociologue, 
chef de projet étude et recherche au Centre Culinaire Contemporain.

Il tourne autour. Il sait que l’offrande est belle. Insignifiante et belle. Il ne se satisfait pas du réceptacle. Il sort de la pièce et revient avec une matière plane, rugueuse et d’un noir lunaire. Il y dépose l’offrande. Il aurait pu photographier la composition. Franck Hamel est souvent un photographe culinaire. Mais aujourd’hui, il est photographe. Il tourne encore ; il s’agenouille ; il patiente ; il écarte un peu plus le store et attend l’instant décisif. Un rayon de lumière s’insinue dans la scène ; il se munit de son troisième œil et déclenche. L’offrande est comme happée par le divin. L’échange de regard a bien eu lieu. C’est étonnant de voir à quel point les croyants se trompent parfois. Un simple grain de poivre peut réveiller l’appétit des dieux. Un frêle grain de poivre en guise de substance incantatoire ; certes, il s’agit d’un grain de poivre Timut du Népal.

A y regarder de près, le travail de Franck Hamel a beaucoup à voir avec le rituel dévotionnel de la puja hindoue. Une partie du rite tout au moins, celle de l’échange de nourriture entre les dévots et la divinité. L’ethnographie sensuelle révèle la dimension quasi-mystique de la démarche du photographe. Comme le prête - pujari -, Franck Hamel choisit minutieusement ses mets, parfois nobles, souvent ordinaires et toujours graphiques. Ses nourritures divines sont douces, végétales ou laiteuses. Peu dans le carné en revanche. Il dit d’ailleurs avoir du mal à présenter des pièces de viande. Franck Hamel ne fait pas dans le sacrifice. Un sacrifice que l’on retrouve justement dans la recherche d’Isabelle Rozenbaum, un autre photographe. Il est même étonnant de constater combien cette dernière révèle aussi admirablement la cassure et l’inquiétante étrangeté que Franck Hamel expose la réconciliation et une forme d’émerveillement naïf au monde. Les deux artistes n’ont pas la même histoire. Chez Franck Hamel, la mise en scène de l’offrande est scrupuleusement étudiée. Une fois le met choisi, il expérimente les poses, déconstruit les matières, puis recompose son petit théâtre gastronomique afin de laisser finalement la place au hasard. Il attend alors la révélation divine, ce rayon de lumière naturelle qui viendra lécher, mordiller, ou gober l’offrande. Instant suspendu. Un dérivé lointain du photojournalisme ? Une chose est sûre, il ne s’exécute pas sous lumière artificielle.

L’échange de regard avec le divin - le darsan - accompli, le pujari peut désormais partager la substance consacrée - prasad - avec les fidèles qui reçoivent dès lors le contact bienveillant et la protection de la divinité. Les photographies de Franck Hamel font à leur tour office de nourriture céleste. Elles semblent d’ailleurs invoquer différents avatars. A chacun son interprétation suivant le dialogue que l’on souhaite entretenir avec le tout-puissant. Est-ce l’enfant Ganesh derrière les photographies gourmandes et régressives de morceaux de beurre ou encore celles plus joyeuses des petits pois et du chou de Bruxelles ? Est-ce l’amour érotique du jeune adolescent Krishna derrière la photographie du citron caviar ? C’est certainement la force du travail de Franck Hamel que d’en rester à une matière brute et naturelle. Il y a quelque chose de primitif et d’introspectif qui s’en dégage immanquablement.

Parfois cependant, Franck Hamel s’invite discrètement à la cérémonie d’un autre, un chef cuisinier étoilé ou, à défaut, lumineux. Très souvent, sa photographie reste empreinte de religiosité. Ici, il photographie la main diablement baguée d’un sorcier de la cuisine. Là, il immortalise une procession de grands chefs sur un marché culte de la gastronomie. Ailleurs, c’est un maître en art culinaire qui fait la leçon à ses disciples. Plus loin, on devine le geste d’un cuisinier à travers un épais nuage de vapeur aromatique. Et souvent, on vibre en voyant la danse d’un grand chef avec son piano. Alchimie des matières ; corps à corps avec le couteau et la flamme. Cette fois, c’est de duende dont il s’agit.

Il paraît que prendre le darsan d’une divinité apporte la bonne fortune, le bien-être, la grâce et le mérite spirituel. A croire que le divin rend l’appareil à notre photographe ! La recherche de Franck Hamel commence en effet à faire des adeptes. Son initiation a pourtant pris le temps qu’il fallait. Une initiation qui respecterait presque les trois grands stades du rite de passage cher à l’ethnologue Arnold van Gennep. Le premier, la séparation. Très vite oublié le rêve du jeune garçon qui croit qu’il deviendra le nouveau Cartier Bresson juste parce qu’il en a l’envie. Il devra pratiquer, pratiquer et pratiquer encore. Plus tard, une fac d’art plastique. Une catastrophe, admet-il, mais il ne recule pas. Il tente Arles, mais échoue après avoir proposé au jury un reportage sur sœur Emmanuelle. Trop catholique ! Il continue cependant, observe ses pairs, fixe et révèle à tour de bras. Puis c’est la marge, cette période déstabilisante du rite de passage où le futur initié évolue dans un environnement sans prise. Un premier voyage solitaire en Roumanie avec l’idée d’aller travailler pour un photographe qui n’est en fait qu’un mythomane. Il expérimente pourtant et y entame une recherche personnelle autour de la ville et l’errance. Ironie du sort, il se fait dévorer par les chiens de rue. Sa peau est encore tendre. Un deuxième périple au Vietnam. Le flou persiste et l’activité reste modeste. Mais il pratique et pratique encore. Il y fait au passage sa toute première photographie culinaire. Suit le Maroc, une expérience heureuse mais sans espoir de durée. En bon pèlerin, il avance malgré tout et nourrit à chaque fois son espoir de belles rencontres et de projets audacieux. Il garde la foi jusqu’à son retour en France où il entre enfin dans le troisième et dernier stade du rite de passage, celui de l’agrégation. Il se fait d’abord connaître à travers la photographie culinaire, puis repérer par ses pairs pour l’émotion authentique de sa recherche. Une première et belle exposition sur le Centre Culinaire Contemporain à Rennes ; une présence remarquée sur Manger des yeux à Dinard. Sa matière photographique s’organise progressivement et l’enveloppe désormais. Il lui en aura fallu des brûlures et de la détermination pour se constituer une peau de photographe.

Fabrice Clochard - Sociologue,
chef de projet étude et recherche
au Centre Culinaire Contemporain

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C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai réalisé il y a quelques semaines un reportage à “La Cour de Rémi” pour l’illustration de son nouveau site internet à découvrir ici : www.lacourderemi.com
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